« Le Baromètre du coeur », exposition individuelle des oeuvres d’Hélène Planquelle
« Nos passions sont-elles bien sincères ? Qui peut savoir sûrement ce qu’il veut et connaître au juste le baromètre de son cœur ? »
Charles Baudelaire, La Fanfarlo
Nous avons inventé des instruments pour mesurer presque tout : le temps, la lumière, la température, la pression. Mais il n’en existe aucun pour mesurer ce qui met en mouvement les profondeurs de notre être. Pourquoi sommes-nous irrésistiblement attirés par certains visages, certaines histoires ou certaines images ? Pourquoi certaines œuvres nous bouleversent-elles à chaque fois que nous les regardons ? D’où viennent ces forces invisibles qui orientent nos désirs et parfois le cours de notre existence ?
C’est cette interrogation, formulée par Charles Baudelaire dans sa nouvelle oubliée, La Fanfarlo, qui donne son titre et son fil conducteur à l’exposition intitulée “Le Baromètre du cœur”, première exposition personnelle à Paris de l’artiste peintre Hélène Planquelle depuis 2022.
Conçue par la commissaire Meng-Fei Liu, fondatrice du studio Les Archives Vivantes, l’exposition prend pour point de départ la figure de la “Fanfarlo” : une femme que chacun croit contempler, comprendre ou posséder, alors qu’elle orchestre secrètement les regards dont elle semble être la captive. Entre projection et sublimation, elle devient l’architecte de son propre mythe. Tandis qu’ils — les hommes, la société… — croient posséder la Fanfarlo, voici le secret qu’ils ignorent : dans cette danse entre l’être regardé et l’action façonnante du regard, émerge une réalité troublante. Les ombres et les projections portées sur elle, la Fanfarlo les a choisies. Elle ne subit pas tant le regard qu’elle ne compose la partition de leur désir.
Dans cette exposition, Meng-Fei Liu fait dialoguer sa lecture de la nouvelle baudelairienne avec les peintures d’Hélène Planquelle, dont la démarche artistique entre en écho et résonance naturelle avec ces questionnements.
