uncommissioned, un projet international d’art public
Un projet international d’interventions artistiques dans l’espace public
Lancé à l’automne par Nōvo Collective, uncommissioned — Playground of the Invisible est un projet artistique international qui propose une autre manière d’appréhender l’exposition contemporaine. À rebours des formats traditionnels fondés sur un lieu unique, des dates fixes et un parcours défini, uncommissioned repose sur une série d’interventions artistiques in situ, déployées dans l’espace public à travers plus de trente-cinq villes dans le monde.
Ce projet ne constitue pas une exposition au sens classique du terme. Il s’agit plutôt d’un dispositif artistique décentralisé, sans espace d’exposition centralisé, dans lequel chaque œuvre existe d’abord dans un contexte précis, parfois de manière éphémère, avant d’être documentée et rendue accessible en ligne.
Un projet sans lieu d’exposition unique
L’une des spécificités majeures d’uncommissioned réside dans l’absence volontaire de lieu unique ou identifiable. Les œuvres sont installées directement dans l’espace public — en milieu urbain ou naturel — sans être rassemblées dans un même site.
Certaines interventions prennent place dans des quartiers résidentiels, d’autres dans des parcs naturels, des friches industrielles, des infrastructures routières, des lieux commerciaux ou encore des espaces de passage ordinaires. Cette diversité de contextes participe pleinement au sens du projet : chaque œuvre est pensée en lien direct avec son environnement, ses usages et sa symbolique.
De fait, uncommissioned ne se visite pas comme une exposition classique. Il s’agit d’une constellation d’expériences artistiques, que le public peut découvrir de manière fortuite dans l’espace public ou, a posteriori, à travers la documentation mise en ligne.



Playground of the Invisible : un cadre conceptuel ouvert
Le thème du projet, Playground of the Invisible, propose un cadre de lecture commun à l’ensemble des interventions. Il s’agit d’une invitation à porter attention à ce qui, dans notre environnement quotidien, demeure habituellement invisible ou négligé.
L’« invisible » peut prendre de nombreuses formes : des espaces oubliés, des gestes discrets, des usages détournés, des zones de transition ou des détails que le regard ordinaire ne perçoit plus. Le terme playground renvoie ici à un terrain d’expérimentation, où l’artiste interagit librement avec le réel, sans contrainte institutionnelle directe.
Les formes artistiques mobilisées sont volontairement variées : installations temporaires, performances publiques, sculptures intégrées au paysage, interventions minimales ou activations contextuelles. Cette diversité reflète la pluralité des pratiques réunies, mais aussi la volonté de ne pas imposer une lecture unique.
Une cartographie internationale de l’art public contemporain
uncommissioned rassemble des artistes aux parcours très divers, issus de différents pays et contextes culturels. Les interventions ont été réalisées dans plus de trente-cinq villes à travers le monde, notamment en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Asie, et en Australie.
Parmi les artistes impliqués figurent notamment Alexandre Farto (Vhils) à Munich, Jason deCaires Taylor au Royaume-Uni, Zohre Solati à Tehran, Libor Novotny à Ostrava, Alicia Eggert au Texas, ou encore Emmanuel Aggrey Tieku à Accra, Ghana.
Le volet français du projet, commissarié par l’artiste Mathieu Tremblin, réunit plusieurs artistes intervenant dans différents territoires, notamment à Paris, Strasbourg et Cesson-Sévigné. Chaque intervention est pensée comme une réponse spécifique à un lieu donné, sans volonté de reproductibilité ou de déplacement.

L’ensemble des activations est aujourd’hui consultable via une carte interactive, qui permet de visualiser la dimension géographique du projet et de comprendre son déploiement à l’échelle internationale.
Une exposition prolongée par la documentation en ligne
Si les œuvres sont profondément ancrées dans des lieux physiques précis, uncommissioned accorde une place centrale à la documentation. Photographies, vidéos et textes permettent de rendre accessibles des interventions parfois temporaires ou difficilement visibles pour le public local.
Cette mise en ligne ne constitue pas une simple archive, mais un outil de médiation essentiel. Elle permet au projet d’exister dans la durée et de toucher un public plus large, tout en respectant la nature souvent éphémère des œuvres.
La plateforme numérique devient ainsi un espace complémentaire, dans lequel les œuvres sont contextualisées, cartographiées et mises en relation.



Un modèle indépendant et non marchand
uncommissioned se distingue également par son positionnement économique. Le projet ne repose ni sur des commandes institutionnelles, ni sur un modèle commercial classique. Les interventions sont initiées directement par les artistes, dans une logique de recherche, d’expérimentation et d’autonomie.
Cette approche soulève des questions fondamentales sur le financement de l’art public et sur les conditions de production des œuvres hors institution. Le projet invite ainsi à réfléchir à de nouvelles formes de soutien, fondées sur l’engagement des publics et des structures relais, plutôt que sur des logiques de rentabilité ou de commande.

Un projet en résonance avec les enjeux contemporains
En s’affranchissant des cadres traditionnels de l’exposition, uncommissioned interroge la place de l’art dans l’espace public, le rôle de l’artiste et la relation entre création artistique et vie quotidienne.
Le projet s’inscrit dans une réflexion plus large sur la circulation des œuvres, la visibilité des pratiques artistiques hors des institutions et la manière dont l’art peut investir les espaces partagés de manière libre et temporaire.
À ce titre, uncommissioned ne propose pas une expérience spectaculaire ou événementielle, mais un dispositif de réflexion et d’observation, qui invite le public à porter un regard renouvelé sur son environnement.
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