Bruno DubroquaCe n’est pas moi qui clame, c’est la terre qui tonne*
Photographies de Bruno Dubroqua © Bruno Dubroqua
Du 26 juin au 19 septembre 2009
Centre Iris (Paris 3ème) 

Bruno Dubroqua cite l’œuvre d’Ansel Adams comme étant l’excellence qui lui a le plus donné l’envie de se diriger vers le paysage. Son travail se compose essentiellement de photographies en noir et blanc à l’atmosphère à la fois intimiste et sombre. Le grain, l’esthétique générale de ses photographies forment une référence constante aux origines du medium et particulièrement à l’époque pictorialiste que l’on peut retrouver notamment dans l’œuvre d’Edward Steichen. Parmi les thèmes récurrents qui se dégagent de l’oeuvre de Bruno Dubroqua, on peut citer l’abandon, l’absence, la solitude. Ses photographies mettent souvent en scène des terres vierges de toute présence humaine, des environnements industriels abandonnés ou encore une route ou un chemin fendant le paysage. Une esthétique de la réalité ? 

Depuis ses premiers clichés, Bruno Dubroqua n’a eu de cesse d’illustrer un certain désir de détachement de la réalité.Il y a, chez Bruno Dubroqua, une vraie volonté de brouiller les pistes, autant par l’inexistence de références temporelles que par le traitement particulier de ses images. C’est devenu sa signature. Le processus de développement joue un rôle capital dans son oeuvre. Une grande partie de ses tirages sont marqués par des dégradations qui évoquent le temps, la décomposition, l’avancée inexorable vers la destruction. Ces accidents provoqués lors du développement se montrent la perte de l’impression vécue, le manque, la fragilité du souvenir. 
De plus, l’apparition des tâches et d’accidents volontaires sur le négatif forment comme des strates faisant parties elles-mêmes de la photographie et de ses procédés techniques. Dans une grande partie de ses œuvres, cette mise en abîme en filigrane, reflète sa vision de l’outil et de son art comme un « mensonge », comme une illusion.
Cette esthétique des tirages de Bruno Dubroqua éloigne les scènes représentées de la réalité et de l’anecdotique pour les ancrer dans la fiction – hors du réel et hors du temps.
 Français, Bruno Dubroqua est né en 1967 à Bordeaux, il vit et travaille à Paris. Il exerce tout d’abord la profession de styliste puis de designer. Il se tourne vers la photographie à partir de 2002 avec la rencontre du film Polaroid 665 qui par sa spécificité chimique et par son côté aléatoire laisse libre court à son imaginaire et devient son unique support d’expression. * Titre emprunté à Attila Jzsef (in A cœur pur, Poésie Rock, Le Seuil, Fiction & Cie) 
Infos :
Du mardi au samedi de 14 h à 19h
Vernissage le 25 juin 2009 de 18h30 à 21h30
Centre Iris
238, rue Saint-Martin
75003 Paris
Tél : 01 48 87 06 09
http://www.centre-iris.fr
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 19h