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Exposition : LA FORET DES ESPRITS

Catégorie
Expositions
Date
jeudi 27 septembre 2018 00:00
Lieu
Plateforme - 73 Rue des Haies
75020 Paris, France

Exposition LA FORET DES ESPRITS //

Commissariat Pauline Lisowski //

Du 14 au 30 Septembre 2018 //
Vernissage vendredi 14 Septembre de 18h à 22h //

Laurent Debraux, Marie Denis, Luc Doerflinger, Hélène Muheim, Chloé Poizat, François Réau //

« Dans les religions, les mythologies et les littératures occidentales, la forêt se présente comme un lieu qui brouille les oppositions logiques, les catégories subjectives. Un lieu où les perceptions se confondent, révélant certaines dimensions cachées du temps et de la conscience. En forêt, l’inanimé peut soudain s’animer, le dieu se change en bête, le hors-la-loi défend la justice, Rosalinde apparaît en garçon, le vertueux chevalier est ravalé à l’état d’homme sauvage, la ligne droite forme un cercle, le familier cède la place au fabuleux », écrit Robert Harrison dans Forêts.
La forêt inspire de nombreux récits et contes... qui traversent le temps et les espaces. Ces histoires et ces images de ce paysage, circulent et participent du patrimoine d’un territoire...
Qui n’a pas rêvé de visiter Brocéliande, cette forêt de légendes ?
La forêt est le lieu de promenade, de vagabondage, de jeu, de retour à l’insouciance de l’enfance. Espace de loisirs, de plaisirs, de connaissances et de rêves, elle inspire à la découverte toujours plus grande de ses secrets. Elle est un espace à la fois de rencontres et de tensions, où se mêlent les usages, les croyances, l’esprit de liberté et l’interdit.
Serait-ce un lieu où le contact avec la nature, dite encore sauvage, reste tout de même possible ?
Quelle expérience esthétique procure une promenade en forêt ? Celle d’une rencontre avec la nature, un basculement incessant entre le bonheur de se laisser porter par des sons, une lumière, une apparition animale parfois fantomatique, et l’inquiétude de s’y perdre, de s’y faire dévorer.
La forêt est un motif qui a depuis longtemps inspiré les artistes, notamment les peintres romantiques du XIXe siècle qui en ont transmis une vision fantasmagorique. De même, une attention à la forêt resurgit avec un besoin de merveilleux, de magie et de rêve. Les artistes poursuivent cette envie de nature en proposant leur regard sur ce paysage de contes, de récits et de mythes.
Cette exposition interroge les multiples relations de l’individu à cet environnement ambigu, où tout peut basculer à tout moment.
Les œuvres proposent chacune une traversée, ouvrent une porte à travers ce territoire de nos peurs et de nos joies.

Cygnes Rorschach de Luc Doerflinger montre des cygnes, apparitions fantomatiques, dans une étendue noire. Cette peinture rappelle ces visions qu’on peut avoir en forêt. La forêt est ici motif pour convoquer les dualités animalité / humanité, enchantement / désenchantement, réalité / fantômes. Cette œuvre est à la fois surface de projection et de réflexion, tout comme la forêt est le lieu où l’individu peut prendre le temps de se connaître, de grandir et d’apprivoiser ses peurs.
Les dessins, diptyque, The glint of the darkness d’Hélène Muheim rappellent ces forêts mystérieuses, où à la fois s’aventurer, se perdre et s’émerveiller. Images de lieux traversés qui marquent notre vie, peaux de paysage, ils offrent un territoire infini à explorer. On s’y plonge comme s’y on recherchait nos racines, un terreau, un souvenir oublié. La forêt est ici le lieu, où tout peut advenir, où l’animal et le végétal peuvent être gardiens, guides, protecteurs.
L’installation de François Réau suggère une brèche, une ouverture. Elle se situe dans un entre deux, entre fascination et inquiétude. Telle une porte vers un ailleurs, un dessin révèle une lumière qui passe à travers les feuilles. Au sol, en équilibre contre le mur, une sculpture bâton, en bois d’eucalyptus, entre le bâton de marche et le bâton de pèlerin est recouverte d’une forme qui la dévore ou la nourrit, être étrange ou légendaire. Cette œuvre in situ invite à s’imaginer aller toujours plus loin, à franchir les dangers tout comme redécouvrir un autre monde après un cheminement dans l’obscurité.

Chloé Poizat a composé une forêt peuplée d’êtres étranges, à la fois animal, végétal, humain, formes en lévitation, suspendues, fantômes, esprits. Le dessin devient matière. Des formes se délitent, des images troublantes, du sol vers les airs créent un micro-monde entre-deux, en suspens. Cette installation propose un récit d'un milieu où la nature se recompose, résistante et fragile, en transformation. Ce micro-paysage rappelle des images de contes où les éléments, animal, végétal, humain se confondent, à la fois bienveillants et terrifiants.
Au centre, Microcosmos de Laurent Debraux invite le spectateur à regarder dans les viseurs d’un microscope un morceau de mousse séchée. Mise en mouvement, cette matière naturelle livre ses secrets. Cette œuvre propose de porter notre attention aux petits riens de la nature qu’on a tendance à ne plus regarder.
Marie Denis tisse des liens entre le végétal et les matières. Profondeurs, simplicité et imagination sont à l’œuvre. Elle présente ici une composition au miroir où le végétal est sculptural : magie des matières métamorphosées issues d’une nature intranquille. Son gout du paradoxe offre des interprétations à tiroirs dans « cette forêt collective ».

Ainsi, au fil du parcours se découvre une forêt, cette terre riche en surprises, où chaque pas peut amener vers un moment où la réalité se trouble parfois. Comme l’enfant qui se perd dans la forêt retrouve son chemin, ici cette exposition propose un voyage initiatique, un appel à la nature et aux éléments qui restent ancrés dans notre inconscient collectif.

Pauline Lisowski

Robert Harrison, Forêts : Essai sur l'imaginaire occidental, Flammarion, 2010, p. 10

 
 

Toutes les Dates

  • Du vendredi 14 septembre 2018 00:00 au dimanche 30 septembre 2018 00:00
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