Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in /users/user100264/sites/alternatif-art.com/components/com_icagenda/helpers/icmodel.php on line 1830

Painting yourself into corners

Catégorie
Expositions
Date
lundi 30 avril 2018 00:00
Lieu
Irène Laub Gallery - Rue Van Eyck 29
1050 Ixelles, Belgique
Téléphone
+32 2 647 55 16
Email
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Corners
de Andrew Berardini

 

painting yourself into a corner

1. (expression idiomatique) Créer soi-même un problème ou se mettre dans une situation qui ne laisse pas de bonne alternative ou de solution.

 

Trois lignes créent autant de plis dans l’espace, et vous obtenez un coin. Là où deux murs se rencontrent dans une pièce, généralement un plancher ou un plafond. Un endroit où rester coincé, se prélasser, perdre du temps, poser une plante juste en dehors du passage, préserver un dernier refuge pour les cafards, un endroit où balayer toute la poussière. « Va au coin », s’énervent les parents sur des enfants malicieux. Peignez le sol de la mauvaise manière et c’est là que vous vous retrouvez, obligé soit d’attendre que tout sèche, soit de simplement traverser la pièce, en gâchant le travail et vos chaussures. Le coin est un endroit solitaire, à moins bien sûr que vous vous y repliiez avec un être aimé. Il offre alors un semblant de dissimulation. Dans une pièce sombre avec juste un peu de bruit, on peut passer sans remarquer votre baiser volé.

Personne ne peut « se peindre dans un coin » aussi bien que Panos Papadopoulos. Élégants, étranges, comiques ou encore tristes, les coins de Panos se rejoignent parfaitement. Leurs vastes étendues de vide ne semblent pas vierges – elles sont le corps sur lequel s’accrochent les glissements du poignet de Panos. Même quand il peint l’obscurité, le papier blanc ou la toile sous-jacents devenant des ssures lumineuses qui donnent forme à la pièce, il s’agit juste d’un corps plus dissimulé, dont un éclat de peau séduisante est révélé. Des univers entiers sont évoqués au moyen de quelques lignes. Créer quelque chose d’aussi simple qu’un coin aussi bien qu’il le fait nécessite une habileté et un style incroyables, un souple panache que tous les poignets ne possèdent pas. Considérez les bouteilles de Morandi et vous vous trouverez face au même dilemme impossible : comment représenter un sujet si humble avec autant de beauté et de différences subtiles, à travers tant d’itérations au l du temps. « ... pour toucher le cœur, l’essence des choses. Même dans un sujet aussi simple, un grand peintre peut atteindre une vision majestueuse et une intensité du ressenti par lesquelles nous nous sentons immédiatement attirés », déclarait Morandi. Cela est vrai, mais il est également vrai que deux bouteilles ou deux coins ne sont jamais identiques. Chaque moment est précieux, chaque ombre et chaque variation sont uniques. Il n’y aura plus jamais de moment exactement semblable à celui-ci. La même bouteille, le même coin est toujours différent, unique. Quelle que soit la manière dont il porte ses ombres, ou retient sa couleur (un rose coucher de soleil, un vert trouble). Peut- être même un « sujet simple » peut-il révéler ces choses encore plus puissamment. Certains bouddhistes ont écrit en guise de derniers mots des haïkus, ces vifs petits poèmes de trois lignes, devant représenter une vie entière de contemplation et de libération, d’affranchissement et de compassion. Comme un haïku, il suf t aussi de trois lignes pour créer un angle.

Et il n’y a pas que des angles ici, mais des plantes et des lampes, des corps en mouvement et inclinés. Tous tracés avec la même simplicité et grâce que ces humbles coins qui se replient si souvent sur eux-mêmes. Fixez assez longtemps quoi que ce soit du regard – d’ailleurs plus particulièrement un coin – et les lignes vacillent et se courbent avec un changement de lumière, avec un verre ou trois, avec la tristesse ou la joie qui façonnent tout ce que nous voyons. Invoquer tellement avec si peu.

Andrew Berardini (1982) est un écrivain, critique d’art et commissaire d’exposition basé à Los Angeles. Cofondateur de la Art Book Review, il est éditeur et contributeur régulier pour de nombreux magazines, dont Artforum, Mousse, frieze, Artslant et ArtReview. Il a organisé des expositions au Palais de Tokyo à Paris, au Museum of Contemporary Art à Los Angeles et au Castello di Rivoli à Turin.

 
 

Toutes les Dates

  • Du jeudi 19 avril 2018 00:00 au samedi 2 juin 2018 00:00
    lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi & samedi