| Livres : Poésie Simplifiée par Hugo Pernet chez END édition. |
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Poésie
simplifiée est le titre générique d’une série de courts livres écrits entre
2005 et 2010, dont facile, difficile et 8 constituent la part la plus aboutie.
Poésie simplifiée n’est pas le résultat d’une méthode d’écriture ni la
réalisation d’un projet littéraire : c’est une tentative de poésie, dans un
langage qui doit autant à Claude Royet-Journoud qu’à la lecture du dos d’un
paquet de céréales.
Ecrire ne
ressemble à rien.
Pour
obtenir ces livres, j’ai travaillé par élimination : un travail quotidien sans
éclat, banal. Ce qui reste n’est pas « le meilleur » ou le plus « intéressant
», mais simplement ce qui n’a pas été éliminé. Finalement c’est comme si je n’avais
rien écrit, et pourtant il y a un livre.
« L’auteur doit réussir ce passage de rien à
quelque chose, cet échange entre l’un et l’autre : quelque chose contre rien,
quelque chose en échange de rien. La langue doit dire et se dire elle-même dans
le livre, elle doit naître du livre. Je travaille jusqu’à ce que les mots
semblent réellement avoir été produits par la langue dans l’espace
rectangulaire de la page. »
Quand je
dis « je travaille », en vérité je supprime, je réduis, j’abandonne. Je compose
à partir d’unités minimales de langage, obtenues par un lent processus de
décantation, de sélection, de simplification. Mais ce que j’appelle écriture
inclut également de longues périodes sans travail. L’écriture est une ascèse,
et l’une de ses conditions est de ne pas écrire.
Dans mes
livres, les unités n’ont pas de valeur intrinsèque, elles s’animent et agissent
comme un système de résonances, de liens. Ces unités ne sont pas intérieurement
validées par une poétique, elles sont elles mêmes cette poétique, l’élaboration
d’une position. Leur efficacité se situe au niveau de leur articulation dans un
livre. Peu importe ce que j’ai écris : si le langage est en ordre, la lecture
l’animera.
Hugo Pernet
(2011)
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