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LAURENT MARESCHAL
Bureau d’échange
Vernissage samedi 5 mai / 16h-21h
De la rue
déjà, on doute, Bureau d’échange brille en vitrine, un club échangiste rue
Saint-Claude ça se saurait ! Bureau de change d’accord, mais Bureau d’échange.
On a envie de toquer : « on échange quoi ici ?! » Au vue de l’invitation on ne
sait pas quoi, mais on affiche complet, la queue s’étend jusqu’au bout de
l’impasse Saint-Claude !
Ceci dit Mareschal aime
inviter le public à participer, voire… à détruire ses pièces! Alors apparemment
dans ce bureau on va échanger à tout va, un peu plus que de l’argent contre des
œuvres d’art…
Tout ça m’a
donc l’air d’un détournement de fond, celui des choses. C’est d’ailleurs ces
jeux de langages qui font prendre la sauce ici, les jeux de mots décalés, le
jeu entre les mots et leur support, les codes secrets à décoder, etc. Ce
pourrait être un petit exercice intello, ce serait compter sans quelques détournements
cocasses du quotidien et l’usage de matériaux qui attisent nos sens : on sniffe
des épices, on n’éternue pas devant les lignes en cassonade, on passe ses
doigts sur le support alternativement rugueux et lisse d’un miroir gravé en
Braille. Finalement c’est Ionesco qui trouve les bons mots pour cet événement :
« Seul l’éphémère dure », théâtre de l’absurde condition humaine reflétée par
des pièces aussi absurdes qu’éphémères. On se rappelle notamment un sol de
céramiques palestiniennes réalisé en épices qui ornait et embaumait la grande
nef du CAPC cet automne et qui a depuis fini dans un sac !
Mareschal
s’éloigne ici de son thème 'Palestisraélien' habituel, et prend des chemins de
traverses.
Il se
permet de moins plomber la soirée notamment avec ses tampons à formules
détournés dont la galeriste se voit dotée pour un temps : AVOIR devient A VOIR,
IMPORTANT devient IMPOTENT, FACTURE devient FRACTURE, etc. Le quotidien est
décalé, tout en se donnant des airs de trompe l’œil. Bureaucratie fantaisiste,
néon farfelu, test d’acuité visuel bizarre, tout est fonctionnel dans ces
productions issues d’un monde fantastique et pourtant tout à fait vrai. Une
série de petites folies mesurées et précises. Mareschal poursuit ses
obsessions, triturant seul ou à plusieurs les langages pour en sortir un brin
de drôlerie, de poésie étrange. Pour tout dire, c’est un genre de cuisinier qui
prend le Petit Robert, le plonge dans la marmite l’arrose d’épices, le fait
mijoter et en ressort des chapelets de lettres cuisinées, méconnaissables,
nouvelle cuisine soit disant concept alors qu’elle est chevillée au corps. Chez
Mareschal écoutez vos sens, ils guident vers le sens !
Si vous
aimez le poulet au curry, les mandalas, le sens de la formule, les tic-tacs de
montres suisses, alors venez voir Bureau d’échange, sinon passez votre chemin !
Le titre
n’est pas qu’un effet d’annonce, Marie Cini accueillera le public, l’invitera à
expérimenter les pièces et répondra aux questions, tout comme Laurent Mareschal
à certaines dates.
Laurent
Mareschal est né à Dijon en 1975. Il vit et travaille à Paris.
Il expose
régulièrement en France et à l’étranger, son travail a notamment été montré au
CAPC de Bordeaux (invité par le Van Abbe Museum), au Grand Palais, à BPS 22
(Belgique), à l’Espace Croisé, au Fresnoy, à la Fondation Ecureuil, au Musée
d’art d’Ashdod (Israël), à la galerie Chelouche (Israël).
Le musée
d’Art d’Ashdod vient de publier son premier catalogue monographique.
La galerie
Marie Cini présentera une de ses vidéos, Le château, à LOOP Video Art Fair
(Barcelone) du 30 mai au 2 juin.
Infos :
GALERIE MARIE CINI
16, rue
Saint-Claude 75003 Paris
+33 (0)1 42 71 44 12
Ouverture
exceptionnelle dimanche 6 mai / 11h-16h
http://www.galeriemariecini.fr/assets/images/wysiwyg/SaintePrudence_1.pdf
www.galeriemariecini.fr
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